émotion d’Abba

La convention arrivait à sa fin, dans cette banlieue française de Genève. Étaient rassemblés des membres du monde entier, de ce mouvement évangélique, « watchmen for the nations », devenu en France « famille des nations ».

Un sujet brûlant a émergé de cette rencontre. C’était la réconciliation spirituelle entre les peuples opposés par la guerre, et dont les blessures de tous ordres, culturelles, relationnelles, familiales, se faisaient encore sentir aujourd’hui, par défaut de pardon. Les peuples d’Asie, les peuples d’Europe et ceux du « nouveau continent » étaient représentés, là, pour la grande réconciliation. Il s’est vécu aussi, une petite réconciliation, avec la présence discrète de catholiques, dans cette rencontre évangélique internationale.

Nous étions au temps de l’intercession finale. Il y avait beaucoup de monde sur l’estrade.

Depuis le matin, ma bannière, reçue en vision dans la basilique d’Argenteuil(1), lors de l’ostension de 2016, avait flotté sur l’assemblée, rappelant la présence de Jésus. J’étais alors au balcon et avec beaucoup de joie et d’énergie, je balayais l’assemblée avec cette présence symbolique des objets de la passion, dont la France, par son histoire, était dépositaire.

Je me suis sentie poussée à descendre mystérieusement et à monter sur l’estrade au milieu des grandes bannières, toutes déployées. La mienne était franchement de petite dimension. Et là, la vision que j’avais reçue, à Argenteuil s’est réalisée : je portais l’étendard comme la femme de « la Liberté », dans le célèbre tableau de Delacroix. J’avais vu alors une bannière, faite d’un tissu blanc sur lequel figurait la couronne que l’on vénérait à Notre Dame et la Tunique bleue d’Argenteuil.

C’est alors qu’une nouvelle vision m’a saisie : deux grands anges costaux et dorés, que je n’avais jamais vus, m’ont entourée et emmenée directement auprès de Dieu. Ils étaient devant lui, formant comme un mur. J’avais ma bannière et j’ai tendu le tissu au Seigneur pour qu’il l’embrasse. En fait, non ! Il l’a prise mais pour essuyer Ses yeux ! Je ne voyais que le tissu, mais mon cœur le savait.

Pourquoi ces larmes ? Larmes de joie ou de tristesse ? Heureux de nous voir nous réconcilier, dans la puissance de Son Saint Nom ou effondré de l’indifférence du monde. Peut être saisi d’émotion devant les marques de la passion de son fils, béni par de nombreux prêtres. Mais peut-être aussi averti des épreuves à venir ? J’avais l’intuition qu’il s’agissait bien là de tristesse.

En redescendant de l’estrade après ce temps inoubliable, une participante m’apostrophe un peu rudement. Elle portait aussi une bannière  : « pourquoi t’ont-ils laissée ? Ils nous ont tous fait descendre sauf toi ! ».

Honnêtement, je n’avais rien remarqué et il est bien heureux que les responsables m’aient laissée, tout comme cela c’était passé à Argenteuil où j’étais resté à plusieurs reprises longtemps devant de la tunique, le temps de la vision, sans que personne ne me bouscule. Ils avaient dû sentir qu’il se passait quelque chose d’inhabituel  : ou bien j’avais disparu à leurs yeux : c’était la rencontre avec le Ciel.

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