Le secret de famille

ou comment le Seigneur conduit l’affaire !

Cadeau du Ciel – juillet 2021 –

C’est au cours d’une septicémie traversée en mars dernier que le constat est tombé. Je me sentais libre de beaucoup de responsabilités, avec un certain nombre de pardons déposés, mais il en restait un, pour une affaire dévastatrice : celui d’un secret de famille. Il m’avait été révélé par 2 tantes à l’orée de leur départ de ce monde ; elles en avaient été encombrées leur vie durant. Et depuis, ce secret est resté suspendu à un improbable oubli qui pourrissait ma vie. Voilà, c’est le sens que je trouvais à cette épreuve de la septicémie ! Je n’étais pas encore prête à laisser partir ce bubon, et donc à prendre mon dernier envol  !

Dans le parcours chaotique de ma vie, le génocide du Rwanda, tout comme celui de la Shoah m’avait profondément rejointe ! Le mémorial de la Shoah à Paris a d’ailleurs organisé un temps mémoriel pour le génocide du Rwanda. Et parmi tous les témoignages, ceux des rescapés chrétiens m’ont touchée particulièrement par l’évocation du pardon dans leur parcours ! Dans les horreurs ou les atrocités évoquées, ces êtres avaient trouvé auprès du Seigneur un secours ! Ils avaient cheminé avec lui, dans les méandres du pardon, et ces êtres étaient devenus libres.

Toute proportion gardée, j’en étais encore bien loin ! Mais dans le parcours de ma maladie, grâce à la diligence des médecins, j’ai été guérie ; il restait cependant une urgence à accomplir ! Et le Seigneur a conclu l’affaire ! Dans les 15 jours qui ont suivi, il m’a emmené dans une drôle d’expérience. J’ai été inspirée à aller regarder sur Arte, un film en 3  épisodes d’une heure que j’absorbais d’une seule traite.

J’avais déjà expérimenté comment le Seigneur pouvait me conduire par des lectures appropriées, journaux ou livres1, vidéos ou films, et même des émissions télé, enfin par toutes sortes de moyens. Cette fois-ci l’enseignement ne s’était pas produit immédiatement. L’histoire2 de cette femme dans « un amour fou » s’enchevêtrait avec celle d’une enfant ; des scènes s’interpellaient sans cohérence immédiate. L’histoire d’une vie en puzzle, à reconstituer. Je n’en saisissais pas le sens.

C’est le lendemain, en me rendant dans mon lieu de prière, devant le tabernacle, où la Gloire de Dieu s’était révélée3, que la chronologie du film va se rétablir dans ma tête et que je vais en saisir la proximité avec mon histoire et ce secret de famille.

Une petite fille est en voiture avec ses parents. Elle aperçoit des gamins de son école en surplomb de la route. Ils lancent de grosses pierres sur le car qui la précède. Elles atterrissent sur le pare-brise de la voiture qui part en vrille. Elle reste orpheline et à l’âge adulte croise l’un des gamins. Elle va développer un plan machiavélique de vengeance et là, c’est un sentiment d’horreur qui va me saisir : je ne peux pas adhérer à cette sauvagerie, une vraie diablerie ! Un sentiment de révolte émerge. La projection se fait à l’envers. Ce n’est pas moi ! Et cet effroi, c’est le déclencheur du pardon. L’effacement du secret familial, la libération de ce chancre !

Cette proximité entre les 2 histoires, quoi que divergentes par la conclusion, avec l’effroi ressenti, me bouscule. Seule une intervention divine, pouvait déclencher cet incroyable sentiment de libération.

Le pardon dont Jésus nous a fait la publicité, et bien, c’est en fait lui qui s’en occupe et avec quelle maestria ! En fait, Il nous invite à lui partager le fardeau, le joug ! Cela a pris du temps, entre 3 et 5 ans, après le choc de la découverte du secret, et ce n’était pas un bon et délicieux secret ! Malgré les décisions répétées de pardonner et la repentance d’être dans l’incapacité de le faire, il m’a fallu du temps pour mûrir le détachement et être capable de me projeter dans le lâcher-prise ou plutôt dans les bras du Seigneur !

Le temps aussi de se réaffirmer dans son identité, pour passer de victime engluée dans un passé douloureux, à la victoire avec le Christ ! C’était un chemin ardu ! Et la façon dont il a guidé les événements m’invite à le recommander fermement pour conduire les affaires ! Question de voir Sa miséricorde à l’œuvre, Sa signature !

Merci au Seigneur de Gloire !

J’aurais aimé aussi vous partager les grâces reçues en lien directe avec cette libération, les fruits de la repentance et du pardon. Ils font une percée dans le 2ème ciel4au dessus de nous ! Et quelle percée ! Vous pourrez en découvrir une expression dans l’histoire : « un souvenir d’or ! »

Aude Chapat, le 3 décembre 2021 5

1 J’en témoigne dans 2 histoires du livre « les petites histoires du Vent »

2 « Arté  « Un amour fou »

3 En septembre 2018

4 Cela fait référence aux 3 ciels : le nôtre, le second ciel, celui des esprits diaboliques, et le 3ème Ciel, celui où Dieu règne.

5 Dépôt légal auprès de la SGDL enregistrée sous le N° 2021-10-0016

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