Rencontre synchronisée

Je venais de quitter, pour la dernière fois, mon petit groupe « d’interlocuteur du changement » qui se réunissait depuis plusieurs années et nous avions partagé un pot d’amitié. Je suis ensuite allée dîner dans mon petit restau chinois mais en sortant, je ne sais comment, j’ai laissé négligemment mon téléphone sur la table… Une fois dans le métro, en direction du Sacré Cœur (quel nom incroyable!), où je devais participer à la nuit d’adoration , je réalisais que mon téléphone n’était plus dans mon sac : moment de désespoir… temps où l’on saisit l’absence …!

Demi tour et trouvant le restaurateur fumant une cigarette dans la rue, un soulagement m’a envahie. Il n’y avait plus personne, mais le précieux portable était là, sur la table !

J’ai repris mon chemin en sens inverse et dans le métro, je marchais paisiblement : le couloir était assez étroit quand sur ma droite, une jeune femme d’origine africaine, portant un cageot rempli de victuailles soigneusement rangées dans des gobelets, me dépassa. Elle parlait à son partenaire de portage et exprimait la joie de le revoir. Elle l’appelait Olivier.

Je sentais que ça poussait derrière moi. A eux deux, ils faisaient la largeur du couloir, un vrai boyau ! Et là je me suis retournée à ce prénom d’Olivier, pour apercevoir sous un bonnet de laine à pompon, mon frère, mon parrain, mon aîné, entouré de ses amis. Ils allaient distribuer des repas dans le nord de Paris, à des migrants.

Nous avons pris le métro ensemble. Foufou il était, me présentant à ses amis comme étant une personne qu’il connaissait depuis 60ans ! Je n’ai pas osé leur dire qu’il me rajeunissait un peu mais cette rencontre inopinée m’a réjouis le cœur ! Et la joie de mon frère m’a incroyablement touchée.

Comment, de passage à Paris, dans le métro, avais-je pu rencontrer ce frère? Pour la synchro, il avait bien fallu que j’oublie mon téléphone au restaurant …! Je n’ai pas révélé à Olivier où j’allais car je pense qu’il aurait voulu m’embaucher dans sa distribution, mais j’étais engagées à participer à la nuit d’adoration perpétuelle, établie depuis plus de 100 ans dans la Basilique de Montmartre, pour l’intercession de notre monde qui en a tellement besoin !

Basilique du sacré coeur – photo AED

Voilà, l’église était éclairée de rouge, et je l’apprendrais le lendemain au petit déjeuner, que la Synagogue des Victoires, la nouvelle Église orthodoxe du quai de Branly, ainsi que la Grande Mosquée de Paris marquait cette nuit-là, par des illuminations rouges sang, le sang de tous les martyrs de la foi, d’aujourd’hui, dans un bel élan œcuménique.

Cela s’est passé quelques temps avant Noël, mais quand Pâques se trouve à la même date entre orthodoxes, catholiques et protestants, un temps de prière nous unis (au parvis de la Défense). Pâques, c’est la réunion de tous ceux qui confessent Jésus, Seigneur et Sauveur. Prions pour le rassemblement des chrétiens quelque soit leurs dénominations ; que nous apprenions à nous découvrir, nous enrichir, et nous apprécier, y compris au sein même de l’église catholique, dans nos différents courants.