L’école de Marie

Cette histoire touchante nous emmène dans la présence du Ressuscité, en préparation de Pâques.

Novembre 1997 : la tempête était déchaînée sur Paris ! Avec Mylène, qui venait de recevoir le baptême, nous tentions d’atteindre le 12e arrondissement où nous attendait Marie pour un court apéritif, d’une demi-heure !

Marie avait un dîner ensuite et c’était prévu ainsi, sans la tempête bien sûr ! Alors que les essuie-glaces balayaient avec difficulté le pare-brise, je m’interrogeais sur l’opportunité d’une telle randonnée, pour une visite aussi brève ! Mais parfois, de gros obstacles cachent de véritables trésors !

Nous arrivions enfin : les 2 femmes, Mylène et Marie, ne se connaissaient pas, mais rapidement ont semblé s’estimer ! Et voilà Marie ravie de me raconter une histoire qui est remontée du passé, intacte, tout à fait récemment et qui devrait, nous confie-t-elle, nous intéresser toutes les deux, puisqu’elle parle un peu du Bon Dieu ! C’était la 1ère fois qu’elle la partageait. Cette expérience du passé est marquante à plus d’un titre !

Il y avait quelque temps Marie avait reçu une invitation pour une fête à l’occasion du centenaire de l’école de son enfance, école catholique. Une occasion de retrouver une ambiance, des traces de vie et peut-être quelques amies, l’avait motivée à accepter cette invitation ! Un événement a ainsi surgi du passé alors qu’elle découvrait la nouvelle chapelle ; l’ancienne, très humide, avait été déplacée.

Marie avait alors 6 ans et la classe de CP (la 11e d’alors) démarrait. La maîtresse qui était religieuse a demandé aux enfants : qui savait lire l’heure, la pendule de la classe s’étant arrêtée pendant l’été. Marie, sans savoir vraiment pourquoi, a levé la main et la maîtresse l’a envoyée à la chapelle où il y avait une horloge.

Marie ne savait pas lire l’heure ! L’horreur était là ! Elle se demandait comment elle avait pu lever la main ; elle voulait s’enfuir de l’école ! Cette petite fille totalement paniquée, s’est tout de même rendue à la chapelle, et là, se mettant à genou devant l’autel, il lui vint cette prière : « Mon Dieu, si vous existez, faites que je sache lire l’heure tout de suite » ! Silence !

Après un petit moment, la porte du fond qui donne sur le jardin s’est ouverte et le jardinier de l’école est apparu. Marie courut vers lui et lui demanda : « Monsieur, pouvez-vous me dire l’heure ? » Il lui répondit : « Il est 3 heures et quart, mon enfant » et elle fila en classe. La maîtresse étonnée lui dit « Vous avez mis bien longtemps » et Marie de répondre : « j’ai prié » ! La sœur lui dit alors : « Bon, allez vous asseoir. »

Le soir même, son grand-père lui apprit à lire l’heure !

Marie me partagera plus tard : « je n’ai jamais raconté cette histoire. C’est quelque chose qui, sans m’en rendre compte, m’a profondément marquée. » Et elle me dira ensuite : « j’étais une petite fille pas culottée du tout, timide même ! Pourquoi ai-je levé la main ? Je n’aurais jamais pu dire que j’avais menti ! Et quand je me suis retrouvée dehors, je me suis dit, je me sauve ! J’ai eu envie de fuir, de partir de l’école. J’étais complètement désespérée ! »

Cette scène s’est passée, il y a un peu plus de 60 ans et le souvenir était là, bien au chaud, prêt à surgir ! Marie me soutint que Dieu ne lui avait pas répondu ! Certains diront que telle Marie Madeleine, elle ne L’a pas reconnu en la présence du jardinier. D’autres lui feront remarquer que dès le lendemain, elle savait lire l’heure. Et que dire d’une réponse magique pour une petite enfant ? Toute sa vie, peut-être, elle aurait été dans cette attente de réponse magique !

Le signe de la tendresse de Dieu est là : prendre soin, éviter la honte du retour dans la classe, sans la réponse, pour ce 1er jour d’école ! Et par le lien avec ce grand-père, par cette réponse si pertinente, «j’ai prié », la petite fille a trouvé quelque chose de bon pour elle, sauf que ce n’était pas tout à fait la réponse à sa demande !

Avec Mylène, nous étions comblées par cette rencontre. La folle randonnée dans Paris est ainsi restée marquée par ce touchant témoignage.

Cette histoire, Marie me l’a confirmée récemment encore, elle aime l’évoquer et n’hésite pas à la conter comme si elle n’avait pas encore assez goûté au nectar de cette lumière divine qui a traversé sa vie !

J’aime aussi la partager ! Elle fait apparaître la réponse d’un Dieu sage, plein d’attention, de tendresse et de respect pour cette petite fille ! Pas un Dieu des défis ! Elle peut amener à comprendre que les réponses de Dieu sont pleines de nuances, de discrétion et bien mieux adaptées à tous nos besoins que ce que nous souhaiterions le plus follement !

Il reste à Lui en faire la demande… !

Il est étonnant de voir combien il est recommandé dans tous les évangiles et dans beaucoup d’Épîtres, de faire des demandes et pour ceux qui voudraient s’y essayer, Jésus nous dit :

Jusqu’ici vous n’avez rien demandé en mon Nom : demandez et vous recevrez, pour que votre joie soit parfaite.

En Jean 16,24

Et j’insisterai sur un autre élément : que la demande se fasse au nom de Jésus ! Et si vous hésitiez encore , en Jean 15,16 :

Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure : si bien que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera.

Ce texte est publié dans le livre « les petits histoires du Vent ». de Aude Chapat

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